C’est en 1977 que la Mini Transat voit le jour. Aujourd’hui synonyme de jeunesse, d’exploits et d’innovation, la classe Mini vit tous les deux ans cette course devenue mythique.
La prochaine édition sera celle de ses 30 ans. Cet événement a bien vieilli et avec l’âge s’est bonifié. Il a gagné en notoriété et en renommée, mais quel est le coût de cette évolution et quel en sera son avenir ?
Une course qui n’est pas sans risque
A cause des risques pris, la Classe Mini a été très décriée à ses débuts puis est devenue un passage quasi obligatoire pour les futurs grands skippers. Cette école du nautisme a vu passer Ellen MacArthur, Jean-Luc Van Den Heede, Yves Parlier, Laurent Bourgnon et encore bien d’autres noms du monde de la voile. Mais elle permet aussi aux passionnés de réaliser leur rêve. C’est comme ça, que cette année, Marion et Nicolas Le Marchand, ont passé leur lune de miel sur la course du Mini Fastnet (Bessec V2M n° 254), toutes nos félicitations à ces jeunes mariés qui contribuent à l’esprit du Mini.
Une Classe qui prend de l’essor
Depuis ses débuts, l’impact médiatique de cette Classe est en plein essor. Elle attire les entreprises désireuses d’associer leurs noms à des projets de courses au large mais qui ne peuvent accéder à un Vendée Globe ou à une transat Jacques Vabre. C’est aussi pour elles le moyen de soutenir de futurs talents venus faire leurs armes et tester leurs capacités de coureur en solitaire. Le Crédit Agricole Challenge en est un bon exemple puisque tous les deux ans, il permet à des jeunes skippers de prétendre à deux saisons tous frais payés.
Certains parlent encore de la danseuse du président, mais ce temps là est bel et bien fini. Le choix d’une politique de sponsoring ne se décide pas sans réflexion. Un tel engagement doit s’inscrire dans une réelle politique de communication et une stratégie d’entreprise.
C’est donc dans cette logique, que le professionnalisme grandissant des concurrents est devenu inévitable. L’apparition de la première écurie de prototype 6.50 comme celle de Vecteur Plus ou de team pluridisciplinaire comme le Team Ocean (Brossard) s’inscrit donc dans la suite de cette évolution. L’apparition de sponsors disposant de budgets plus importants permet à la classe de grandir et à l’innovation de s’exprimer. Citons encore Ecover, Synergie, Actual, Adria Mobil ou encore Bretagne Lapins. Ces sponsors ont besoin que la classe s’organise pour une meilleure animation et un meilleur suivi des concurrents lors des départs de courses. Les balises et le site Internet relayant la progression des bateaux lors des Sables-les Açores a été remarquable et s'il pouvait en être toujours ainsi, la classe gagnerait encore en notoriété.
Quel mal à cela ? Aucun si ce n’est celui de permettre à des jeunes de réaliser leurs rêves en leur apportant les meilleures conditions possibles pour prétendre à la victoire et si cela va de pair avec l’argent…
Mais, il ne faut pas oublier que de l’autre côté, il y a la catégorie des bateaux de série. Celle qui rassemble les marins ayant de plus petits budgets mais que rien n’arrête. Leur rêve, créer l’événement en remportant une course avec le bateau de monsieur tout-le-monde et faire éclater leur talent au grand jour.
C’est aussi la Classe des bricoleurs et bidouilleurs, celle de ceux qui construisent leurs prototypes dans le fond du jardin avec leurs économies. La classe de ceux qui prendront le départ avec des voiles blanches en espérant que des sponsors en quête de marins les repéreront. La classe de toutes les initiatives et c’est très bien ainsi.
Et bien que les budgets soient de plus en plus importants, le ticket d’entrée minimum tourne aux alentours de 15 000 € ce qui est encore accessible pour une saison de voile.
Ce mélange des genres a permis de conserver l’esprit bon enfant de cette classe et pour s’en apercevoir, il suffit de se balader sur les pontons avant le départ d’une course pour voir que l’entraide prime à bord.
La suite
Malgré toutes les innovations apportées, traverser l’Atlantique sur un bateau de 6 mètres 50 reste périlleux et la classe comme les sponsors ne peuvent pas prendre de risque quant au fait de lancer des marins sur les mers sans prendre toutes les précautions. Or aujourd’hui, il est encore possible d’améliorer les choses.
L’évolution de cette Classe passera sûrement par plus de moyens dans le but d’offrir toutes les mesures de sécurité et donc plus de partenaires. Si ceci nous permet de voir partir les skippers avec un pincement au cœur moindre que celui que nous avions il y a quelques années, alors pourquoi pas !?
La seule issue possible est-elle celle de l’argent ? Nous espérons qu’il n’en sera rien mais si tel est le cas pourvu que cette Classe ne se fourvoie pas et qu’elle garde toute sa personnalité qui fait tout son charme.