« septembre 2007 | Accueil | novembre 2007 »

Vecteur Plus : ça répare et ça repart…

Lundi matin, le mini Vecteur Plus se voyait contraint de rallier le port de Mindelo sur l’île de Sao Vicente au Cap Vert pour régler un problème de safran défaillant. Après 36h de réparation intensive, Aloys Claquin a repris la mer hier soir bien déterminé à rejoindre Salvador de Bahia au Brésil coûte que coûte. Retour sur ces dernières heures…

« Au bout du troisième jour de course, j'ai commencé à entendre des craquements au niveau du système de safran, mais vu qu'au passage des Canaries cela allait très vite je me suis dit : " mais non, tu divagues, tu repenses à 2005 ". (Aloys avait subit de gros problèmes de safran en 2005 qui l’avaient contraint à abandonner la course). Et bien non, le système reprenait du jeu et une des parties du système que l'on appelle les "u" se délaminait (le carbone perd de sa rigidité, les plis se décollent). J’ai donc décidé de lever le pied, et bien évidemment, j’ai commencé à dégringoler dans le positionnement. Au début, j’avais l’intention de partir dans l’ouest de l'archipel car je pensais m’arrêter à Mindelo et puis je me suis dit que cela allait le faire, qu’il fallait finir, et reprendre ma stratégie de passage dans l’est de l’archipel du Cap Vert  pour passer relativement « est » dans le pot au noir. C'est dans l’accélération du passage de l’île de Fogo qu’un crac plus important est survenu. Je n’avais plus le choix, il fallait rentrer et réparer… ».

C’est donc tôt lundi matin que le Vecteur Plus d’Aloys s’amarrait aux pontons de Mindelo, le bonhomme fatigué et le visage marqué par la déception. « J’ai dormi un peu en arrivant afin d’avoir les idées claires pour envisager la réparation, j’oscillais entre la colère et la déception, un sentiment étrange… ».

L’origine de la défaillance sera finalement vite décelée : il s’agirait en effet d’un problème d’isolation des matériaux. « Grâce à l’aide d’un artisan cap verdien, j’ai pu réparer dans les plus brefs délais c’est à dire remplacer les « u » en carbone par des « u » en inox. Je pense que cela me permettra au moins de rejoindre Bahia dans de bonnes conditions » précise-t-il.

Pour des raisons de sécurité de la flotte, Vecteur Plus ne disposait que de peu de temps puisque les bateaux accompagnateurs devaient continuer leurs routes et auraient eu alors des difficultés à assurer celle de Vecteur Plus.

« C’est super qu’il puisse repartir, se réjouit Jean-Philippe Flohic, son préparateur, et que l’on ait le fin mot de l’histoire, évidemment, il subsiste quelques inconnues mais l’important c’est qu’il traverse. Moralement, c’est très dur, cela fait plus d’un an qu’il n’a que ça en tête et rencontrer à nouveaux des problèmes de safrans était ce qui pouvait lui arriver de pire ».

Un coup dur en effet pour le jeune skipper nantais qui s’était donné les moyens tout au long de l’année de réussir sa Transat. Certes les objectifs de classement ne seront pas atteints mais en mer, n’est ce pas la persévérance et le plaisir de naviguer qui importent. Il se l’est juré, « je retournerai à Bahia ! » Il reste désormais un peu moins de 2 000 milles à parcourir pour essayer de grappiller ici ou là quelques places et terminer la belle aventure.

Le Cap Vert en ligne de mire

Ça roule, ça file, ça déboule sur le Cap Vert ce vendredi. Certes les premiers ont déjà mis l’Archipel dans leur tableau arrière mais derrière la bataille perdure et les compteurs s’affolent toujours ! A 6h00, ce vendredi matin, le Mini Vecteur Plus d’Aloys Claquin prenait la 26ème place du classement soit deux de mieux qu’hier soir. La nuit a probablement été courte sur Vecteur Plus mais efficace…

Alors que le vent est toujours au rendez-vous et que les abandons et avaries fusent, le skipper nantais suit tranquillement sa route très légèrement à l’ouest et devrait traverser l’Archipel du Cap Vert (passage obligatoire) dans les toutes prochaines heures. D’après sa position, on imagine que Vecteur Plus optera pour une route dans le sillage d’Yves Le Blévec soit entre les deux îles les plus à l’ouest de l’Archipel.

Si cette 26ème place, n’est bien évidemment pas celle espérée par Aloys, pour Corentin Douguet, vainqueur de la Transat 6.50 2005 et ami d’Alors, il ne faut pas s’affoler « La route est encore très longue… En 2005, j’avais perdu une grande partie de mon avance au passage du Cap Vert et l’histoire s’est bien terminée pour moi ! Quant à la suite, ce n’est pas forcément le premier qui entre dans le Pot au Noir qui en sort le premier, ça peut revenir de tous les côtés. En revanche, c’est vrai que la sortie de ce fameux Pot au Noir, sera elle plus déterminante pour la suite. »

En effet, le passage du Pot au Noir est une des zones les plus redoutées des marins. S’il n’y a pas vraiment de stratégie à adopter c’est avant tout l’anticipation, la réactivité et la vigilance qui feront la différence. « Je suis confiant quant à la course d’Aloys, je l’ai eu au téléphone juste avant le départ de Funchal est il me paraissait très serein. Je pense qu’il part avec un avantage sur cette étape puisqu’il n’a plus rien à perdre. Il peut tout donner, tout tenter… ça peut faire de belles choses. » précise Corentin.

Ce vendredi, après un peu plus de 6 jours de course, 166,46 milles séparent Aloys du leader Yves Le Blévec sur Actual. La route est encore longue et rien n’est joué. La fatigue doit commencer à se faire ressentir alors que la flotte a réalisé à peine un tiers des 3 100 milles du parcours.

Problèmes techniques pour Pierrick Lainé sur Wanit@doc...

Alors que Pierrick Lainé à la barre de son Wanit@doc réalisait un beau début de course, l’organisation de la Transat 6.50 Charente-Maritime / Salvador de Bahia annonçait hier à 18h00 que le marin avait cassé son bout-dehors et subissait des problèmes de pilote automatique.

Joint ce matin par téléphone, la direction de course n’en savait pas plus sur les intentions de Pierrick, de s’arrêter ou pas au Cap Vert. Denis Hugues, directeur de course, précisait cependant que « tout allait bien à bord de Wanit@doc ».

Départ dans du petit temps avant le grand sprint vers Bahia

Ils sont partis, ce samedi à 13h17 heure française ! Avec un peu de retard, car les concurrents (désormais 88), un peu trop pressés sur la ligne de départ, ont contraint les organisateurs à faire un rappel général. Ce lundi, après 2 jours et 4 heures de course, le Mini Vecteur Plus d’Aloys Claquin pointe en 7ème position.

Petit temps sur la ligne…

C’est un très beau début de course qu’effectue le skipper nantais, après un départ dans les starting blocks : il se plaçait 4e samedi à 16h00, 5e dimanche à 12h00. Il faut dire que les conditions (entre 5 et 7 noeuds de vent et petite houle) de samedi étaient particulièrement favorables pour Vecteur Plus selon les dires de l’intéressé « Sur la ligne, nous devrions avoir un peu moins d’une dizaine de nœuds de vent, c’est juste ce qu’il me faut ! J’adore les petits airs, c’est plus tactique et Vecteur Plus est très rapide dans le petit temps » précisait Aloys avant de quitter les pontons de Funchal samedi matin.

… Et pétole molle pour la première nuit

Qu’il préfère le petit temps c’est une chose mais rester englué toute une nuit au beau milieu d’une dorsale, cela en est une autre… Dès la première nuit, les nerfs devaient déjà être à vifs ! « C’est important d’être dans le match dès le début de l’étape, expliquait Aloys, il faut tout faire pour avoir le moral au beau fixe lorsqu’on s’attaque à 3 semaines de mer, alors si tu es déjà derrière au début, faut s’accrocher ! Quoiqu’il arrive, il ne faut surtout pas quitter le système météo des premiers, sinon tu es foutu ». Et il semble que le jeune skipper ait mis sa théorie en application, dimanche à 18h00, le petit bateau aux voiles bleues prenait la 6ème place.

Deuxième nuit difficile…

Après une deuxième nuit en mer, Vecteur Plus prenait ce matin à 6h00 la 14ème place, quelques places de perdues mais affichant toujours une bonne vitesse (7,5 nœuds) « Les concurrents placés à l’est ont touché du vent un peu plus tôt que les autres mais désormais cela se stabilise, c’est ce qui explique son retard cette nuit » précise Christian Dumard, son météorologue. Aloys Claquin faisait route ce matin, légèrement dans l’ouest des Iles et de la route du top 2 de la 1ère étape Isabelle Joschke et Yves Le Blevec. A quelques milles des Iles Canaries, là encore la pression monte à bord car appréhender cet archipel est toujours délicat en raison des forts dévents occasionnés par le relief des îles.

… Avant une remontée fulgurante

Il faut croire que c’est un stress qui lui va bien puisqu’au classement de 12h00, le nantais réalisait une incroyable remontée et s’adjugeait alors la 7ème place. Sur l’eau les conditions semblent forcir également car Vecteur Plus filait à près de 12 nœuds ! « Je pense qu’Aloys doit toucher un peu plus d’une vingtaine de nœuds. Il a opté pour une route médiane, ça me paraît pas mal finalement, car j’étais sûr que cela passerait plus significativement à l’est » avoue Christian.

Du changement donc au dernier classement mais l’élément le plus significatif reste le regroupement de la flotte puisque seulement 13 milles séparent Aloys du leader Laurent Bourgues (Adrénaline) et moins d’un mille entre les 3 premiers.

Le passage de l’ Archipel des Canaries pourrait donc changer la donne et relancer la course. Quant aux conditions météo, « elles resteront sensiblement les mêmes jusqu’à l’approche du Pot au Noir, toute la flotte est désormais bien calée dans les Alizés, il ne devrait pas y avoir de surprise » précise le routeur. C’est donc le départ d’un grand sprint vers Bahia, un sprint de près de 2 813 milles…

A J-1 : Fin prêt pour Bahia

Samedi 6 octobre à 13h02 heure française, l’aventure continuera pour les 89 protagonistes de la Transat 6.50 Charente-Maritime / Bahia 2007. Après une escale d’une dizaine de jours, tous reprendront la mer en direction de Salvador de Bahia au Brésil. 19ème de la 1ère étape le Mini Vecteur Plus a une revanche à prendre. Et si finalement, cette étape vers Madère n’était qu’une mise en bouche, si rien n’était joué et que tout restait à faire…

Si l’on regarde les chiffres, il est vrai que la 19ème place d’Aloys n’est pas vraiment celle espérée mais si l’on regarde de plus près les écarts de temps entre les coureurs et les 3100 milles qui restent à parcourir, on se dit que tout est possible. Les éditions précédentes l’ont prouvé à maintes reprises, tant que l’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée, tout peut arriver !

Alors, à seulement 6 heures du 5ème (Adrien Hardy sur Brossard), le top 5 est à porté de main et on se prend à rêver…

Et justement si Aloys rêve d’une chose en ce moment, c’est bel et bien de repartir, non pas lassé de cette escale madérienne mais impatient d’en découdre et de rattraper ses quelques heures de retard sur les petits copains de devant. « J’ai pris pas mal de recul par rapport à la première étape et il faut véritablement que j’arrive à faire ma course, à suivre mon feeling et à arrêter de suivre les autres ! » Une 2ème étape qui aura une saveur toute particulière pour le skipper de Vecteur Plus, contraint à abandonner en 2005 à hauteur de l’Equateur suite à la casse de ses deux safrans. « C’est un peu comme après un accident de voiture, je vais forcément appréhender un peu cette partie mais ça me donne d’autant plus de motivation : aller toujours plus loin et plus vite surtout qu’en 2005 !  En fait, j’ai sectorisé le parcours, disons que je me fais mes propres étapes, c’est plus facile mentalement de se fixer des caps car 3 semaines de course, ça paraît long ».

La route sera longue et semée d’embûches : la descente vers l’Archipel des Canaries suivi de celui du Cap Vert avant d’affronter le terrible Pot au Noir tant redouté de tous les marins. Côté météo, Aloys n’aura pas le temps de s’ennuyer : entre les alizés du nord-est et les alizés du sud-est, il va falloir négocier au mieux les zones de transition entre les différents systèmes météo. « La tendance pour le départ est plutôt faible mais les fichiers sont encore flous pour le moment » explique Aloys.

Une transatlantique de 3100 milles en solitaire sur un bateau de 6m50, ce n’est pas une mince affaire. Près de 3 semaines de mer, cela ne s’improvise pas : « J’embarque les 110 litres d’eau obligatoires et 15 litres de plus au cas où. J’ai également  prévu l’équivalent de 14 kg de nourriture, du Lyophal surtout et un peu de frais pour les premiers jours ».

Bien reposé et bien préparé, tout est prêt donc sur les pontons de Funchal pour le Mini Vecteur Plus et son jeune skipper. Après avoir tiré les leçons d’une première étape en demi-teinte, Aloys part serein. Dans 24h, le skipper nantais et ses 88 camarades rentreront sur leur terrain de jeu favori, le plus immense qui soit… l’Océan Atlantique.