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Le Mini Vecteur Plus à Salvador de Bahia

Il était 3h40 TU jeudi lorsqu'Aloys Claquin et son Vecteur Plus ont franchi la ligne d’arrivée libératrice de la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia. Au terme de 25 jours 16 heures 23 minutes de course, Aloys Claquin terminait son aventure océanique à un peu plus de 8 jours du vainqueur Yves Le Blévec sur Actual. Le jeune skipper nantais a posé pieds à terre déçu de son classement (77ème) mais heureux d’être allé au bout. Retour sur la course d'Aloys…

1ère étape La Rochelle – Funchal (Madère) du 18 au 24 septembre
« Ce fut pour moi un super moment de mer. Je n’avais jamais autant pris de plaisir et surtout jamais poussé le bateau et le bonhomme à ce point. Ce que je retiendrai ce sont les surfs à plus de 15 nœuds le jour de mon anniversaire notamment mais aussi ce je ne sais quoi qui me poussait à me battre, à aller chercher le contact avec les bateaux de devant. Du début à la fin, c’est un super souvenir même si mon classement n’était pas celui espéré. En revanche, j’étais conscient de mes erreurs, météo notamment ! »

Le 24 Septembre ; Vecteur Plus franchissait la ligne d’arrivée de la première étape en 19ème position.

Escale à Madère du 24 Septembre au 6 Octobre

« L’escale était presque trop longue, j’ai vraiment eu le temps de me reposer, de me vider la tête et de préparer la 2ème étape.  »

2ème étape Funchal – Salvador de Bahia (Brésil) du 6 octobre au 1er Novembre

"Je suis parti très sereinement sur la deuxième étape, vu mon classement sur la 1ère, je pouvais presque tout me permettre, tout lâcher. Ma seule appréhension était de casser comme en 2005, j’appréhendais beaucoup le passage de l’Equateur. Les premiers jours, j’étais bien dans le match, je sentais bien ma course et mentalement, j’étais au top !
Et puis après le passage des Canaries, ce que je redoutais tant est arrivé : j'ai commencé à entendre des craquements au niveau du système de safran, mais vu qu'aux Canaries cela allait très vite je me suis dit : " mais non, tu divagues, tu repenses à 2005 ". (Aloys avait subit de gros problèmes de safran en 2005 qui l’avaient contraint à abandonner la course). Et bien non, le système reprenait du jeu et une des parties du système que l'on appelle les "u" se délaminait (le carbone perd de sa rigidité, les plis se décollent).

J’ai donc décidé de lever le pied, et bien évidemment, j’ai commencé à dégringoler dans le positionnement. Au début, j’avais l’intention de partir dans l’ouest de l'archipel car je pensais m’arrêter à Mindelo et puis je me suis dit que cela allait le faire, qu’il fallait finir, et reprendre ma stratégie de passage dans l’est de l’archipel du Cap Vert pour passer relativement « est » dans le pot au noir. C'est dans l’accélération du passage de l’île de Fogo qu’un crac plus important est survenu. Je n’avais plus le choix, contraint de faire escale à Mindelo au Cap Vert, j’ai perdu 36 heures sur la flotte. Mon objectif était alors d’aller jusqu’au bout quoiqu’il arrive !

L’escale, c’est plutôt bien passé grâce aux locaux et aux autres concurrents sans qui rien ne serait allé aussi vite. Je ne les remercierais jamais assez, psychologiquement, ils m’ont apporté beaucoup et m'ont bien reboosté pour repartir."

Dans quelles conditions as-tu abordé le Pot au Noir ?

" Ce n'était pas facile de se dire que les autres en étaient déjà sortis et que bien évidemment, je n’aurais pas le même système météo qu’eux et que les milles allaient encore et toujours s’accumuler en ma défaveur. Le Pot au Noir est vraiment un passage délicat mais tellement mythique, avec des paysages uniques. De ce côté là, c’était génial ! Mais il fallait conserver son envie de se battre, de revenir au classement : ça c’était dur… de s’inventer une course dans la course. Pour résumer, j’ai eu un Pot au Noir long mais pas vraiment sévère donc je m’en sors plutôt bien."

Sur la dernière partie du parcours nous n’avions ni positions, ni vitesses, comment cela s’est-il passé ?

"J’ai eu des conditions relativement clémentes ni trop ni pas assez de vent…Juste ce qui fallait pour arriver au plus vite à Bahia."

Tu as passé plus de 25 jours en mer tu avais assez d'avitaillement ?

"En m’arrêtant au Cap Vert, j’en ai profité pour embarquer un peu de frais et Alex Pella m’a bien dépanné en me donnant quelques lyophals (Alex ayant démâté, a abandonné au Cap Vert). C’était très sympa de sa part, je suis reparti avec tout ce qui me fallait."

La première chose à laquelle tu as pensé en franchissant la ligne ?

"Un ouf de soulagement ! Mais aussi beaucoup de déception pour mon partenaire Vecteur Plus et pour tous ceux qui me soutiennent. J’ai travaillé dur pour cette transat, j’ai encore joué de malchance mais c’est le jeu, celui de faire un sport mécanique…"

Maintenant que tu es à Bahia, dans quel état d’esprit te trouves-tu ?

"La priorité, c'est dormir et ranger le bateau, ensuite, je vais reprendre des forces, profiter des joies de Bahia et refaire la course avec les copains."

Comment vois-tu l’avenir ?

"Naviguer bien sûr ! Mais je ne veux pas prendre de décision à chaud. Où, quand, comment, sur quel bateau, je n’en sais rien. Je vais prendre le temps de réfléchir avant d’envisager l’avenir."

Malgré la déception, c'est une belle aventure qui s'achève pour Aloys Claquin. Le résultat n'est pas probant (77ème au classement provisoire) mais le jeune skipper a appris beaucoup sur lui:  " Je suis allais chercher des ressources inespérées et j'ai appris à être patient, c'est le côté positif ! " conclue-t-il.

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