Ça bouge en class 40 ! Alors que les deux premiers de la flotte à savoir Telecom Italia et ATAO Audio System prennent leur envol et creusent sans cesse l’écart, derrière, c’est une bataille sans merci que se livrent les concurrents. Au pointage de 16h00, ce jeudi, Vecteur Plus-Groupe Moniteur pointe en 6ème position à 202,4 milles du leader.
Dans cette dernière ligne droite vers Bahia, on distingue désormais 3 groupes : les leaders suivis à plus de 100 milles par Chocolats Monbana, A.ST Group et Appart City (non localisé à 16h00), et enfin Groupe Partouche et Vecteur Plus-Groupe Moniteur à plus de 180 milles. A noter que pendant la nuit Novedia Set Environnement qui était encore hier dans l’étrave du duo Jourdren-Pichelin a perdu 66 milles sur ces derniers.
Désormais débarrassés d’un Pot au Noir qui a laissé des traces, Bruno Jourdren et Nicolas Pichelin entament une longue glissade sur une route directe vers Salvador de Bahia, portés par des Alizés du sud-est généreux. C’est donc une véritable course de vitesse qui s’annonce pour les heures à venir. « Après avoir passés le Cap Vert, nous avions comme but de rester à l’ouest de la flotte car nous avions une limite à 27W sur le Pot au Noir que nous voulions respecter. Plus à l'est de cette longitude, on s’est dit que cela ne passerait pas. Ensuite on s’était fixé de revenir en vitesse pure aux alentours de la 5ème ou 6ème place à l’entrée du Pot au Noir. ça avait assez bien commencé, malheureusement les conditions météo, toujours les mêmes, y’en a marre, ne nous ont pas permises de faire parler la puissance de notre bateau » raconte ce matin Nicolas.
S’il paraît difficile pour l’équipage de Vecteur Plus-Groupe Moniteur de reprendre des milles sur la tête de flotte, le Top 5 est encore accessible au duo qui bénéficie d’une monture ultra rapide. Actuellement, le class 40 file à 9,8 nœuds mais les moyennes pourraient augmenter dès le passage dans l’hémisphère Sud. « On est enfin sur une allure qui plaît plus à notre canot : travers 90° du vent. Pour le moment, on espère grappiller des milles en vitesse pure, c’est long, très long ! » précise Bruno.
Après plus de 18 jours de course qui n’ont laissé jusque-là aucun répit aux marins, on imagine la tension qui règne à bord. Accumulation de la fatigue, corps usés par le soleil et le sel, cette Transat est extrêmement difficile. « On a régulièrement du travail sur le bateau, on a cassé deux lattes de GV dans le Pot au Noir suite à un coup de 35 noeuds... ça nous a offert une belle douche d’eau douce ! On a accusé pas mal le coup pendant cette nuit blanche, on a mis du temps à récupérer car il y avait beaucoup de changement de voile, le vent ne restait jamais stable plus de 10 minutes en force et en direction... Depuis 24 heures, on a réussi à reprendre les quarts de nuit et à se reposer un peu mais la chaleur tape sur le système » explique Nicolas Pichelin.
Bénéficiant de conditions météo favorables jusqu’à la ligne d’arrivée les premiers devraient s’amarrer aux pontons du Centro Nautico de Bahia dimanche dans la journée. "Rien n’est fait, il y aura sûrement des cartes à jouer entre ceux qui passeront au large de la côte et ceux qui s’en rapprocheront, il peut y avoir des choses intéressantes à faire. "
L’écoute entre les dents, voici comment va se terminer cette incroyable régate océanique. 1 028,8 milles, c’est la distance qui sépare Vecteur Plus-Groupe Moniteur d’un repos bien mérité. En attendant, le duo devrait passer l’Equateur en fin de journée, tout un symbole…
Suivez la Transat Jacques Vabre de Bruno Jourdren et Nicolas Pichelin sur http://www.transat-jacques-vabre-class-40.fr/
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